Contre l’exploitation des enfants, le chocolat équitable est un impératif pour Artisans du Monde

Contre l’exploitation des enfants, le chocolat équitable est un impératif pour Artisans du Monde

Photographie : Make Chocolate Fair UK

Pour défendre un monde plus juste, Artisans du monde a fait le choix d’une vision exigeante et engagée, défendant le commerce équitable comme moyen d’empêcher l’exploitation des plus petits agriculteurs. Selon l’association, les produits équitables sont une garantie pour les consommateurs, tout en permettant de faire évoluer les rapport Nord-Sud en aidant à sortir de la pauvreté des petits producteurs. 

Le commerce équitable se veut non seulement favorable aux producteurs qui se voient proposer des conditions de négociation et de collaboration respectueuses, mais souhaite également privilégier des méthodes agricoles qui intègrent les défis environnementaux. Les communautés locales en profitent dans leur ensemble, puisque l’augmentation du niveau économique des habitant.es leurs permettent de mettre en place de nouvelles infrastructures locales, mais aussi d’assurer une meilleure éducation aux enfants.

Crédit photo : Artisans du monde

Dans les pays du sud, les multinationales profitent du déséquilibre des forces 

Dans de nombreux pays dans lesquels les contraintes législatives sont faibles, de grands groupes imposent leurs propres règles. Le chocolat, dont la consommation s’est fortement développée ces dernières années, est un produit qui peut être érigé en « symbole des dérives dans les exploitations des pays du sud » analyse Camille Cian, Responsable de la campagne de Solidar’Monde, la centrale d’importation et de distribution du réseau de boutique associative Artisans du Monde. Dans cette filière spécifique, on constate « un déséquilibre des forces en présence ». La filière est dominée par quelques multinationales « qui détiennent 80 % du marché ». « En situation de monopole, elles exigent toujours plus pour moins cher » au détriment des conditions de travail, face à de petites exploitations dont le pouvoir de négociation est presque inexistant.

Manger du chocolat équitable aiderait à changer la donne ? Aujourd’hui, en matière de chocolat industriel de grande surface, 7% de la valeur finale d’une tablette revient au producteur. En apportant une rémunération juste aux producteurs, Artisans du monde dresse les basses pour faire évoluer le système existant. « Artisans du monde est conscient qu’acheter une tablette de chocolat équitable ne changera pas le monde », précise Camille Cian, qui estime néanmoins que le consommateur a un rôle à jouer en boycottant les multinationales, mais aussi en s’investissant dans les diverses campagnes de sensibilisation portées par Artisans du monde ainsi que ses partenaires.

Mais pour vraiment faire bouger les lignes, les promoteurs du commerce équitable essayent encore de se faire une place face aux géants de l’agroalimentaire : en effet, en cas d’échec du modèle, les paysans et agriculteurs risquent, faute de mieux, de se tourner à nouveaux vers ceux qui les exploitent. Pour répondre à ce défis de taille, Artisans du monde tentent désormais de développer de nouvelles gammes de produits qui se veulent à la fois gourmandes et engagées. Ainsi, l’association a par exemple mis sur pied un chocolat au lait de coco, estampillé Vegan, Bio, et WFTO (World Fair Trade Organization). Car « bio » ne veut pas forcément dire éthique ou équitable, le chocolat de Artisans du monde va plus loin dans une démarche holistique et cohérente. Il se dissocie par son apparence, ses garanties de qualité et une recette pensée pour « mettre l’eau à la bouche ». L’objectif : « gagner du terrain sur les grands groupes en se faisant remarquer par des produits attrayants. »

Crédit photo : Artisans du monde

Artisans du monde, un modèle engagé

L’association s’appuie sur une vision « exigeante » du commerce équitable. Les produits vendus sont labellisés par la WFTO (World Fair Trade Organization), dont le système « intégré » assure un contrôle de l’ensemble de la filière, des producteurs jusqu’aux distributeurs en passant par les importateurs. Parmi les critères de contrôle, on retrouve le respect de l’égalité entre les hommes et les femmes, ou encore l’interdiction du travail des enfants (ont compterait plus de 2 millions d’enfants impliqués dans la filière du cacao à travers le monde).

Par ailleurs, Artisans du monde a fait le choix de ne pas être distribué en grandes surfaces « car ces dernières créent le monde déséquilibré dans lequel nous vivons et alimentent le rapport de force déséquilibré avec les producteurs en imposant la réduction de leurs marges ». Néanmoins, l’association n’oublie pas que l’un des enjeux dicté par la crise environnementale est la relocalisation de l’économie. « Le commerce équitable est complémentaire au commerce local », suggère Camille Cian, qui se félicite que l’appellation « commerce équitable » puisse depuis quelques années être utilisée pour les produits en provenance du « nord ».

Artisans du monde, créée en 1974, se revendique « pionnier du commerce équitable en France ». En tant association militante, elle défend une « vision engagée du commerce » et souhaite être le « soutien d’une démarche pour un monde plus juste ». Les activités du mouvement ne se résument pas à celle de vente, mais intègrent également de vastes actions de sensibilisation. Artisans du monde éduque à la citoyenneté et à la solidarité internationale et intervient auprès des élus et des acteurs privés pour faire valoir ses engagements afin de créer des conditions favorables aux petits producteurs.


Sources : Propos recueillis par l’équipe de Mr Mondialisation / artisansdumonde.org

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